Exercice de style

Yuki Coffee : l’identité visuelle d’un café, du logo à la vitrine

Une marque inventée de toutes pièces, puis déclinée sur tous les supports qu’un établissement utilise vraiment.

Portfolio · Exercice de style

En bref — Projet personnel mené comme une vraie commande : création du nom, du logo, de la palette et de la typographie d’un café d’inspiration japonaise, puis déclinaison sur enseigne, vitrine, gobelet, tablier brodé, carte ardoise, affiches saisonnières et magazine. C’est l’exercice qui montre le mieux ce que veut dire « une identité qui tient à la fabrication ». Une identité complète de ce type correspond à la formule Commerce Premium, 5 500 €.

Le point de départ

Pourquoi un café, et pourquoi celui-là

Le café est le cas le plus exigeant qu’un graphiste puisse se donner. Un cabinet a besoin d’un logo et d’une carte de visite ; un café a besoin de la même marque sur une enseigne lue à vingt mètres, sur un gobelet de huit centimètres, brodée en une seule couleur sur un tablier, écrite à la craie sur une ardoise, imprimée en A1 sur un chevalet de trottoir, et déclinée chaque saison sur une nouvelle affiche.

Si le logo tient sur ces sept supports, il tiendra partout. S’il en rate un seul, le commerçant s’en apercevra au pire moment : devant le devis de son enseigniste, ou devant le premier tirage de ses gobelets.

Le parti pris de départ : un café d’inspiration japonaise, positionné sur le thé matcha, les onigiri et les ramen. Une clientèle jeune, une carte qui bouge, et une identité qui doit encaisser ce mouvement sans se refaire à chaque saison.

Le logo

Un lettrage manuscrit, deux couleurs, une signature courte

Le lettrage est dessiné, pas composé : aucune police du commerce ne porte exactement ce mouvement, et un tracé propriétaire ne peut pas se retrouver chez le concurrent d’en face. Le « Y » et le « ffee » sont liés en un seul geste — c’est cette continuité qui rend le logo brodable.

Deux couleurs seulement. C’est un choix économique autant qu’esthétique : chaque couleur supplémentaire coûte un passage en sérigraphie, une aiguille de plus en broderie, et un ton direct de plus chez l’imprimeur. Sur les questions de coût et de nombre de couleurs, voir la page couleurs de la charte graphique.

Le troisième élément est le plus important pour la suite : un pictogramme autonome, extrait du lettrage, qui fonctionne seul quand il n’y a pas la place d’écrire le nom.

Logo Yuki Coffee en lettrage manuscrit orange et bordeaux, avec la signature « Bien plus qu'un café »
Orange pour l’accueil, bordeaux pour l’ancrage. La signature « Bien plus qu’un café » dit le positionnement en quatre mots.

L’épreuve du réel

Sept supports, une seule marque

C’est ici que se joue la différence entre un joli logo et une identité utilisable. Chaque support impose sa contrainte, et chaque contrainte a été traitée pendant la conception, pas après.

Devanture Yuki Coffee : enseigne en lettres découpées au-dessus de la vitrine et chevalet en façade
L’enseigne en lettres découpées : chaque lettre doit tenir debout seule, sans support de fond.
Gobelets à emporter Yuki Coffee empilés, marqués du pictogramme bordeaux
Le gobelet : cinq centimètres de large et une impression une couleur. C’est le pictogramme seul qui travaille.
Tablier bordeaux brodé du logo Yuki Coffee et tasse assortie, mise en situation en salle
Le tablier brodé : un fil, un tracé continu, aucun dégradé. C’est le test le plus dur.

L’enseigne : la lisibilité avant l’esthétique

Des lettres découpées n’ont pas de fond pour les tenir : les contreformes doivent être assez ouvertes pour ne pas se boucher, et les liaisons du lettrage assez épaisses pour être fraisées sans casser. Le dimensionnement suit la distance de lecture — la règle habituelle est un centimètre de hauteur de lettre pour trois mètres de recul. Le détail de ces contraintes, et le dossier de déclaration préalable à déposer en mairie, sont sur la page enseigne et signalétique.

Le gobelet : quand le nom ne rentre plus

Sur un gobelet à emporter, le logo complet devient illisible. C’est là que le pictogramme autonome justifie son existence : la marque reste reconnaissable à cinq centimètres, en une seule couleur, sur un support qui sortira de la boutique et circulera en ville toute la journée. Un gobelet mal marqué, c’est de la publicité gratuite qu’on gâche.

Le tablier brodé : le test le plus sévère

La broderie ne connaît ni dégradé, ni contour fin, ni détail sous un millimètre. Un logo qui n’a pas été pensé pour elle revient de chez le brodeur en bouillie — et il est trop tard, la commande de trente polos est lancée. Le tracé continu du lettrage a été validé pour ça dès le départ. C’est exactement ce que couvre la page marquage textile.

La règle du projet

Un logo se valide sur le support le plus contraignant, pas sur l’écran

La plupart des identités sont validées en réunion, en grand, sur un écran calibré. Elles s’effondrent ensuite chez le brodeur, chez l’enseigniste ou chez l’imprimeur — et personne n’était là pour le voir venir.

La méthode inverse coûte le même prix : on teste d’abord le pire cas, et tout le reste devient facile.

  • Broderie une couleur, tracé continu, rien sous 1 mm
  • Lettres découpées contreformes ouvertes, liaisons épaisses
  • Gobelet pictogramme seul, lisible à 5 cm
  • Ardoise version tracée à la main, hiérarchie tenue
  • Affiche A1 lue à trois mètres, en trois secondes

En salle

La carte et les affiches : le système qui évite de tout refaire

C’est le point que les restaurateurs sous-estiment le plus. Une carte n’est pas un document, c’est un gabarit : elle changera à chaque saison, à chaque hausse de fournisseur, à chaque plat retiré. Si chaque mise à jour demande un nouveau travail de mise en page, le coût réel de la carte est multiplié par quatre sur l’année.

Carte des boissons Yuki Coffee écrite en blanc sur chevalet ardoise, avec pictogrammes de boissons
Trois niveaux de hiérarchie et des pictogrammes : on trouve sa boisson sans lire toute la carte.
Affiche promotionnelle Yuki Coffee pour le thé matcha à 5,50 €, sur chevalet de trottoir
Affiche matcha : un produit, un prix, une couleur dominante.
Affiche Yuki Coffee « Japon » présentant un bol de ramen à 10,50 € sur fond bleu
Affiche ramen : même grille, autre produit, autre couleur. Rien à recomposer.

Les deux affiches partagent la même grille : bandeau de titre, photo produit détourée, pastille de prix en bas à droite, logo en pied. Seules la couleur dominante et l’image changent. Une nouvelle saison, c’est une substitution — pas une création. C’est ce principe qui est détaillé sur la page menus et cartes de restaurant.

La carte sur ardoise suit la même logique dans un autre registre : trois niveaux de hiérarchie (catégorie, boisson, prix) et un pictogramme par famille, pour que le client trouve sa ligne sans relire l’ensemble. L’ardoise a l’avantage de se corriger à la main ; elle a l’inconvénient de se dégrader vite si personne ne tient la mise en page. Le gabarit sert justement à ça.

Campagne

L’affiche Onigiri et sa double page

Le dernier volet sort de la boutique : une campagne saisonnière, déclinée en affiche de trottoir et en double page de magazine. L’objectif était de vérifier que l’identité supporte un registre plus spectaculaire sans se renier.

Affiche « Ils sont de retour — Onigiri » : onigiri posé sur un nuage devant un torii, avec pastille de prix
Trois niveaux de lecture : l’accroche à trois mètres, le produit à un mètre, le prix à bout de bras.
Double page de magazine : couverture « Ils sont de retour — Onigiri » et page intérieure détaillant les recettes
Couverture et page intérieure : la même famille typographique tient l’affiche et le texte long.

Une affiche de trottoir se lit en trois secondes, à trois mètres, souvent de biais et sous la pluie. Elle ne peut porter qu’une idée. Ici : le produit revient. Le prix n’est pas caché mais il n’est pas le sujet — il est traité en pastille, à l’endroit où l’œil arrive en dernier.

La double page fait l’inverse : elle a le temps, donc elle a du texte, des colonnes, des encadrés. Le lien entre les deux tient à la typographie et à la palette, jamais à la répétition d’une même image. C’est ce qui fait qu’une campagne se reconnaît sans être redondante.

Questions fréquentes

Ce qu’on me demande sur ce type de projet

Combien coûte l’identité visuelle complète d’un café ou d’un restaurant ?

Une identité de ce périmètre — logo, charte, enseigne, carte, vitrine, supports print et site — correspond à la formule Commerce Premium à 5 500 €. Si vous démarrez avec le seul logo et sa charte, comptez 500 € pour le logo professionnel et 300 € pour la mini charte. Le détail poste par poste est sur la grille tarifaire.

Combien de temps prend un projet de cette ampleur ?

Le logo et sa charte demandent deux à trois semaines, deux séries de modifications comprises. Les déclinaisons — enseigne, carte, affiches, packaging — s’échelonnent ensuite au rythme de vos échéances : l’enseigne dépend souvent de l’autorisation de la mairie, la carte de votre ouverture. Il n’y a pas d’intérêt à tout livrer d’un coup.

Est-ce que je peux commencer par le logo et ajouter le reste plus tard ?

Oui, et c’est même souvent la bonne façon de faire. La seule condition est que le logo soit conçu dès le départ en pensant aux supports à venir : version monochrome, pictogramme autonome, fichiers vectoriels. Un logo livré sans ces éléments devra être repris — et une reprise coûte plus cher que de l’avoir prévu.

Pourquoi montrer un projet personnel plutôt qu’un client ?

Parce qu’aucun de mes clients n’a eu besoin, à ce jour, des sept supports en même temps. Yuki Coffee est l’exercice qui permet de montrer la méthode de bout en bout, sans rien attendre ni rien inventer. Pour une vraie commande documentée, voir l’étude de cas La Caverne des Anges.

Prendre contact

Vous ouvrez un commerce à Besançon ?

Décrivez-moi votre projet, même vaguement. Je vous réponds avec un devis détaillé sous 48 h, et je vous dis franchement par quel support commencer. Je travaille avec les commerces, restaurants et artisans de Besançon et du Grand Besançon.